"Maîtrisards" de Tunis II


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Les maîtrisards sont ces fameux diplômés chômeurs laissés sur la touche par le système Ben Ali. Une quarantaine d'entre eux campent depuis le 4 février dernier devant le ministère de l'éducation tunisien, à proximité de la Casbah. Il y a là, autant de filles que de garçons, ce qui selon eux n'est pas ordinaire. « Les associations ne nous ont pas aidé. Nous n'avons du compter que sur nos propres forces. » précise Wassila. Elle a 32 ans, maîtrise d'histoire et géographie en poche. Elle n'a jamais pu obtenir de poste de professeur. Leur sit-in occupe l'impasse Virgile, coincée entre leur ministère de tutelle et le ministère de la justice et des droits de l'homme. Une tente de camping défraichie sert de quartier général à ces protestataires qui la nuit dorment sous des abris de fortunes attenants. L'impasse est barrée par des barbelés sur lesquels veillent nuit et jour les forces de police. La sécurité du ministère quant à lui, comme tous les autres, est à la charge de l'armée.



Les martyrs représentés


Un rassemblement avait lieu hier avenue Bourguiba, sur les marches du théâtre municipal de Tunis pour appeler à occuper pour la troisième fois la Casbah, délogé par la police, jeudi dernier.
Les manifestants brandissaient des silhouettes représentant les martyrs de la révolution de janvier peintes par Zoo Project à partir de photos d'identités.

lundi 28 mars : 1er jour de grève de la faim pour les "maîtrisards"


Au matin, du premier jour de grève de la faim de ces chômeurs diplômés, pour la première fois depuis mon arrivée, la police refuse de laisser passer la presse sur le campement.
Dans l'après-midi, la situation est plus détendue.

"Maîtrisards" de Tunis


Une quarantaine de chômeurs diplômés campent toujours devant le ministère de l'éducation pour réclamer des postes d'instituteurs ou de professeurs et protester contre le système de recrutement corrompu.

Tunis, devant le ministère de l'éducation


En cours de réalisation: reportage sur les "maitrisards". Ils campent devant ce ministère, depuis plus d'un mois protestant contre la corruption qui y règne encore.

Tunis vu d'en haut

En haut à droite, l'édifice en verre est l'ancien siège du RCD, parti dissout de Ben Ali, protégé encore aujourd'hui par l'armée.


BAUEN: un hotel de luxe sans patron


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L’hôtel Bauen est un établissement cinq étoiles en plein centre de Buenos Aires. En décembre 2001, le propriétaire l’abandonne et laisse ses employés à la rue. En mars 2003, une trentaine de travailleurs investissent les lieux et relancent l’activité en autogestion avec l'aide de la fédération des entreprises récupérées d'Argentine.
Aujourd’hui, l’entreprise emploie plus de cent cinquante salariés et les décisions sont prises en assemblée générale. Le bâtiment, haut de quatorze étages, est hautement symbolique : il a été construit en 1978, pendant la dictature au moment de la coupe du monde de football. Son propriétaire, Hugo Lurcovich, aujourd'hui décédé, se vantait en privé d’avoir construit le Bauen sans avoir dépensé un sous. Grâce à ses contacts dans l’armée, il avait réussit à obtenir un prêt bancaire qu’il n’aurait jamais remboursé (source: pagina 12).
Depuis 2003, les travailleurs de l’hôtel ont réhabilité le restaurant, les différentes salles de conférence et l’auditorium. Des concerts, festivals, des programmes radiophoniques et des œuvres de théâtre s’y sont déroulées.
Des personnalités telles que Danielle Mitterrand, Naomi Klein, Noam Chomsky, Evo Morales, Susan Sarandon, Adolfo Perez Esquivel ont affirmé leur soutien à cette coopérative.

Lors d’un premier voyage en 2006, j’y avais réalisé une dizaine de portraits (exposés au Carré d’art près de Rennes). J’y suis retourné en 2010, puis en 2011 pour voir où en était cette expérience unique en son genre.